La voix parlée.
© 2007
Quelques unes des situations décrites ici sont des situations extrèmes, la quasi-totalité d'entre-vous n'êtes pas
concernés.
Les situations extrèmes sont de véritables laboratoires vivants qui permettent d'étudier et de comprendre les
mécanismes fondamentaux.
1-Rappel.
La voix ne fonctionne pas toute seule, elle n'est qu'un maillon au bout d'une chaine. Il y a d'abord l'élaboration d'un
message : quoi dire ? Puis la construction de la phrase : comment dire ? La voix n'est que le support physique du
message,son "bras" qui exécute.
En principe, on ne parle pas dans le vide. On s'adresse
à quelqu'un. Ce
quelqu'un est situé dans un environnement de niveau sonore donné et est placé à une distance précise de celui qui parle.
Pour que le message puisse parvenir à l'interlocuteur-cible, qu'il l'entende et le comprenne, il faut que la voix
ait une intensité suffisante pour dominer le bruit ambiant et franchir la distance appelant-cible.
Nos deux oreilles sont les microphones qui mesurent le niveau du bruit ambiant.
La distance est mesurée grâce au télémètre optique constitué par nos deux yeux. Vous connaissez sans doute le
fonctionnement d'un appareil photo reflex. Lorsque vous faites la mise au point, vous visez le sujet et vous tournez
la bague de l'objectif jusqu'à ce que le sujet apparaisse net dans le viseur. Vous pouvez ensuite regarder sur la
bague, les repères indiquent la distance du sujet. Avec nos yeux, c'est pareil. Avant de parler, nous regardons notre
interlocuteur, nos yeux se règlent automatiquement pour voir notre interlocuteur nettement. Les réglages de nos yeux
sont ensuite utilisés par notre cerveau pour déterminer la distance de l'interlocuteur.
Le résultat de ces deux mesures, niveau de bruit ambiant et distance de l'interlocuteur, sont entrés dans un
CALCULATEUR. C'est ce Calculateur qui détermine l'intensité de la voix en fonction du niveau de bruit ambiant et de la
distance de l'interlocuteur. D'autres grandeurs peuvent influer sur cette intensité mais ces deux là sont les
plus déterminantes,
Lorsque nous parlons, le niveau sonore de notre voix ne dépend pas de notre volonté.
Lorsque l'on doit parler en public, pour être entendu de tous il vaut donc mieux s'adresser aux personnes les plus
éloignées en les regardant dans les yeux plutôt que de lire son texte les yeux collés sur sa feuille.
2-Le dialogue
La parole est aussi un échange : le dialogue.
Adresser la parole à quelqu'un c'est effectuer un certain nombre de gestes appropriés, et pas seulement avec la voix. Ces
gestes ont pour but et pour effet de déclencher chez l'interlocuteur des
réflexes. Comme tout réflexe, ceux-ci
s'imposent à nous car ils sont indépendants de notre volonté.
Procédure du Dialogue.
Jai choisi de nommer
appelant la personne qui adresse la parole à quelqu'un et
intimé
celui à qui est destiné cette parole. Ce sont des termes juridiques. La raison en est que, dans la procédure du dialogue
comme dans la procédure judiciaire, l'intimé est obligé de répondre.
- Phase 1
- L'appelant adresse la parole à l'intimé.
- Pour cela, il envoie des signaux sonores et/ou visuels à l'intimé.
- Il attend la réponse en mode écoute.
- Phase 2
- L'intimé perçoit les signaux d'appel.
- Il envoie des signaux sonores et/ou visuels à l'appelant : "Je vous écoute."
- Et se place en mode écoute.
- Phase 3
- L'appelant perçoit les signaux Je vous écoute provenant de l'intimé.
- Il se place en mode adressage de parole et envoie son message à l'intimé.
- Quand le message est terminé, l'appelant envoie des signaux Fin de message.
- Puis l'appelant se place en mode écoute.
- Phase 4
- L'intimé perçoit les signaux Fin de message.
- Il sort du mode écoute.
Ces quatres phases constituent un
cycle élémentaire du dialogue .Au cycle suivant, les rôles seront
inversés.
Les observations ont montré que les
modes correspondaient à des états mentaux
précis. On passe de l'un à l'autre par un phénomène que l'on peut
qualifier de "basculement". Il est très difficile d'être dans deux modes à la fois. On le voit
cependant chez les personnes dont la communication est déglinguée et c'est généralement la qualité de
l'écoute qui sert de "variable d'ajustement".
Pour avoir plus de détails sur les signaux de la parole et la communication non verbale, d'autres bien plus savants que
moi ont écrit des livres entiers sur ce sujet. La place manque ici. Je préciserai simplement que les automatismes du
regard, les échanges de regards, ont une très grande importance.
3-L'interlocuteur imaginaire.
Un exercice très classique : placez-vous devant un espace ou une fenêtre et dites quelques phrases en imaginant que vous
vous adressez à un auditoire de 200 personnes situées à 20 mètres devant vous. Votre voix va s'adapter et produire une
intensité sonore permettant d'être entendu comme s'il y avait réellement 200 personnes à 20 mètres devant vous.
Bien sûr, cet exercice est destiné uniquement aux voix saines, si vous êtes victime d'un surmenage vocal sévère, ne
le faites surtout pas, vous auriez la certitude de vous redéglinguer la voix (forçage sur cordes vocales hypotoniques).
En imaginant l'auditoire situé à 20 mètres devant vous, vos yeux pointent sur l'emplacement de cet auditoire et
les réglages de vos yeux donnent au calculateur la distance de l'interlocuteur. L'importance de l'auditoire est
également prise en compte.
La voix ne fait pas la différence entre des interlocuteurs réels et imaginaires.
4-Le Téléphone.
C'est vraiment étonnant le nombre de personnes ayant des difficultés à téléphoner, même en l'absence de tout problème
de voix ou de parole. Pour les victimes de surmenage vocal sévère, c'est très difficile.
La principale difficulté vient du fait que, par rapport au dialogue, on ne dispose plus des informations visuelles.
Pour renseigner le calculateur, le regard n'a plus d'interlocuteur sur lequel se poser. L'organisme est alors obligé de
reconstituer un interlocuteur imaginaire pour fixer le regard.
Ceux qui maitrisent la conversation au téléphone ont appris à inverser le processus : ils ajustent par l'imagination
la distance de l'interlocuteur pour obtenir un volume sonore adapté. Les autres se débrouillent plus ou moins bien. Il
y a, par exemple, ceux qui imaginent leur correspondant très très loin, regardent à l'infini et se mettent à hurler
comme si le téléphone n'existait pas. Et ceux qui regardent à l'intérieur d'eux-mêmes et qu'on n'entend pas.
Comme aide, un moyen consiste à fixer le regard en utilisant un téléphone à écoute amplifiée
sur la base.
Vous parlez dans le combiné en vous tenant à deux mètres de la base et vous fixez du regard cette boite d'oû sort le
son. Malheureusement, il parait que l'on trouve de moins en moins ce type de téléphone. Vous pouvez utiliser aussi un
téléphone à écoute amplifiée sur le combiné et parler en regardant à deux mètres une grande photo de quelqu'un qui vous
regarde droit dans les yeux, genre couverture de magazine.
5-La mobilisation des ressources intellectuelles
Voici un exercice que se sont obstinés à me faire effectuer des "médecins spécialistes" que je consultais : «Lisez
ce texte à voix haute en imaginant que vous vous adressez à 200 personnes situées à 20 mètres devant vous.»
Inutile de vous préciser qu'au bout d'une heure après être sorti du Cabinet Médical, je n'avais plus de voix du
tout et qu'il me fallait trois jours pour m'en remettre. J'avais beau leur dire que cela bouzillait les maigres progrès
que j'avais pu réaliser, ils ne me croyaient pas. Mais aucun n'a jamais bougé le petit doigt pour vérifier ce que je
disais, aucun n'a jamais envisagé d'évaluer les conséquences réelles de ce "traitement". J'ai appris par la suite que ce
genre de comportement portait le nom de
fétichisme.
Passons. Un jour, j'ai essayé de m'entrainer à lire à voix haute un texte de conférence que je connaissait bien, mais
avec une intensité sonore raisonable de la voix de façon à ne pas provoquer de forçage. Une fois fini de lire ma
demi-page, j'étais totalement incapable de me souvenir du texte que je venais tout juste de lire, je n'avais pas la
moindre idée de son sujet. Un texte que je connaissait presque par cœur, pourtant.
D'autres expériences similaires m'ont permis d'y voir un peu plus clair : normalement, quand on lit à voix haute, on ne
se préoccupe pas de sa voix, elle fonctionne automatiquement. Cela permet de consacrer ses capacités intellectuelles
à la lecture, la compréhension et la mémorisation du texte.
Par contre, lorsque la voix ne fonctionne plus automatiquement, on mobilise une partie de ses ressources intellectuelles
pour compenser ce manque, ressources intellectuelles qui deviennent moins disponibles pour la lecture, la compréhension
du texte et sa mémorisation.
Lorsque la voix est vraiment très dégradée, les ressources intellectuelles se répartissent de façon à assurer le minimum
: les défauts de la voix ne sont plus du tout corrigés, la lecture est assurée mais il n'y a plus de compréhension du
texte ni de mémorisation.
Des enseignements peuvent être tirés de ces expériences.
Les personnes en difficulté vocale peuvent avoir un handicap supplémentaire dans les situations nécessitant des ressources
intellectuelles ou de la concentration comme les négociations, notamment les entretiens d'embauche, ou bien
l'enseignement.
Si notre corps fabrique des automatismes, c'est que nous en avons besoin pour vivre. Lorsque ces automatismes ne
fonctionnent plus, nous tentons de compenser leur absence par de l'activité consciente ce qui exige toujours des
ressources intellectuelles très importantes. Nos ressources intellectuelles étant limitées, iI est très difficile de
se concentrer sur plusieurs tâches importantes à la fois, soit il en émerge une de prioritaire au détriment des autres,
soit il y a répartition de la ressource.
6-Couper la parole.
Malgré son titre,
Objectif Zéro-sale-con est un livre très sérieux dont je vous recommande chaudement
la lecture (Vuibert). Son auteur, Robert Sutton, est professeur de management dans une école d'ingénieurs américaine. Il
décrit comment les comportements anti-civilisés de certaines personnes peuvent être nuisibles aux employés, aux
entreprises ou aux organisations et combien coûtent ces comportements aussi bien en terme d'efficacité que sur le plan
économique ainsi que le coût humain. Parmi ces comportements il s'en trouve un qui est au cœur de notre sujet :
couper grossièrement la parole aux gens.
Auparavant, couper la parole était réservé aux débats politiques passionnés. Puis cela a contaminé les débats de société
,même sérieux. Mais c'était l'apanage des participants à ces débats. Ensuite, les animateurs de ces débats s'y sont mis
aussi, à la télévision comme à la radio. On se demande même si certains médias ne recrutent pas exprès ce genre
d'animateurs, cela produit des débats "plus vivants". Plus aucun participant à ces "débats" ne peut finir ses phrases,
à tel point que même lorsqu'on n'est pas d'accord avec quelqu'un, on n'arrive plus à savoir pourquoi puisque personne
ne peut plus en placer une. Ni les spécialistes et les témoins à la parole pourtant si précieuse, ni même leurs confrères
journalistes ne sont épargnés.
Ces déplorables exemples venus d'en haut ont contaminés l'ensemble de la population. Au fil des années, j'ai vu toutes
les tentatives d'exposer un point de vue de plus en plus polluées par des
OUI, MAIS! intempestifs.
Pour les personnes en difficulté de voix ou de parole, subir ces comportements est une horreur. Pour les personnes
normales mais qui ne sont pas des "grandes gueules", c'est pénible aussi.
Reprenons la procédure du dialogue. Quand on coupe la parole à quelqu'un, il n'est pas en
mode écoute,
son esprit est concentré pour élaborer un discours tout en le disant, tâche complexe et difficile qui mobilise beaucoup
de ressources intellectuelles et met ce quelqu'un en situation de vulnérabilité vis-à-vis du barbare qui lui coupe la
parole. Vous me direz que le barbare en question fait usage de la parole lui aussi, il devrait donc être autant
vulnérable que sa victime. En principe,oui, en réalité non. Le barbare a eu le temps de préparer son coup, la victime ne
s'y attend pas; le barbare n'élabore pas un discours, il utilise des phrases toutes faites. De plus, les barbares
professionnels sont entrainés et performants et ils en profitent.
Voir cela à la télé ou à l'entendre à la radio vous laisse la liberté de zapper. Subir cela dans sa vie quotidienne et
professionnelle finit par générer du stress et inhiber l'expression orale.
Couper la parole systèmatiquement est devenu banal et accepté comme une norme sociale. Chacun est obligé de s'adapter.
Exposer son point de vue est une succession de phases : argument 1, puis argument 2, puis argument 3, . . .,
raisonnement et conclusion(c'est un exemple parmi d'autres.). Si à chaque phase vous êtes coupé par des
OUI, MAIS !
intempestifs, ceux qui voudraient écouter perdent le fil conducteur de votre exposé et vous aussi à la fin
(c'est d'ailleurs ce que recherchent certains). Ceux qui nous interrompent à tout bout de phrase par des OUI, MAIS! sont
des analphabètes incapables de comprendre que dans l'exposé d'un point de vue, le plus important c'est la démarche
intellectuelle, le fil conducteur qu'il faut réussir à suivre et non les détails sur lesquels se focalisent ces
saboteurs.
Quand on vit entouré de ce genre de barbares, on fini par renoncer à s'exprimer autrement que par petites phrases de peur
d'être agressé par leurs interventions brutales. Et voilà comment toute une société régresse vers Cro-Magnon.
Couper la parole aux gens est un comportement de sale con et de facho ! ! !
Pour s'en protéger, il faut commencer par ne pas accepter et le faire savoir. Refusez de participer à ces discussions à
la con oû personne n'écoute personne, refusez de participer à des réunions si l'animateur ne peut pas vous garantir un
temps de parole minimal. Et si la promesse n'est pas tenue, levez vous et partez ostensiblement ( Messieurs les censeurs,
Bonsoir !).
Ce n'est pas toujours possible. Dans ce cas les barbares vous obligent à ne plus vous impliquer, à les laisser pérorer
et à les priver des informations que vous détenez. Vous n'êtes coupable de rien, ce sont eux les responsables.
Le détachement et le refus de la culpabilisation sont des solutions préconisées par Robert Sutton pour ceux qui sont
obligés de subir.
Autre possibilité que je préconise : si la parole n'est plus possible, il reste l'écriture. Vous qui me lisez, que
croyez-vous que je fais en ce moment ?
Dernière possibilité. Elle est réservée à ceux qui ne peuvent pas se soustraire à ce genre d'obligations car ils sont
représentants d'entreprises ou d'organisations et défendent des enjeux importants. Cela peut demander un
investissement non négligeable en temps et en énergie.
Premièrement : formez vous en
technique vocale auprès d'un professeur de chant ou de théatre. Vous
apprendrez à obtenir une voix qui porte bien sans vous épuiser. Mais ça ne suffit pas.
Deuxièmement : pour contrer les barbares professionnels, effectuez un entrainement spécifique pour ce genre de situation.
Je ne sais pas si des formations ou des "coach" existent dejà, sinon,il y a peut-être un créneau à prendre.
Trois ou quatre choses que je connais :
- Lorsqu'on nous coupe la parole, cela déclenche chez nous des réflexes qui augmentent l'intensité sonore de notre voix.
Mais l'effet reste limité. D'autant plus que le coupeur de parole professionnel a anticipé ces réflexes et nous domine de
toute façon. Nos réflexes se transforment alors en inhibitions et nous ne pouvons plus en "placer une".
La technique vocale et l'entrainement sont nécessaires pour se faire entendre dans ces conditions. Nécessaires mais pas
toujours suffisants, il faut en plus l'énergie de la motivation ou de la conviction. Se faire entendre malgré un coupeur
de parole des plus coriaces peut exiger de développer un mental de "tueur".
- Les coupeurs de parole professionnels sont souvent sourds sur les côtés, ils n'entendent que ce qu'ils regardent. Si
vous voulez que votre voix parvienne jusqu'à leur cerveau, placez vous bien en face d'eux.
- Souvent, ces gens ont une technique instinctive qui consiste à transformer leur interlocuteur humain en un simple
objet-cible. On mettrait un mannequin à la place, cela ne changerait rien pour eux, ils vous regardent mais ne vous
voient pas.
- Surtout, ne vous laissez pas entrainer à accélerer le débit de votre parole. Il faut rester très calme pour bien
contrôler la qualité de votre diction et maitriser votre respiration.
- Pour bien mettre en œuvre tous ces aspects techniques, vous devez leur consacrer des ressources intellectuelles
suffisantes. Donc, vous ne devez pas en utiliser trop pour élaborer votre discours et construire vos phrases. Cela
implique que vous maitrisiez parfaitement votre sujet.
7-Parler tout seul.
J'espère que ce n'est pas ce que je fais en ce moment. Les personnes qui "parlent toute seule" utilisent donc le
phénomène de l'interlocuteur imaginaire. Si on observe encore mieux, on s'aperçoit qu'elles ne respectent pas la
procédure du dialogue, elles suppriment carrément les phases 1 et 2 pour attaquer directement le
mode adressage
de parole . Ce compagnon qu'est
l'interlocuteur imaginaire est donc bougrement pratique. Avec
lui, plus besoin de s'embêter à négocier l'attention et l'écoute d'une personne réelle. Le compagnon imaginaire est
toujours disponible, toujours au service de l'appelant. C'est pas beau, la vie ?
Cela devient pathologique lorsque ces personnes ne sont plus capables de respecter la procédure du dialogue
avec les interlocuteurs réels et que leurs relations et leur vie sociale en pâtit. On ne sait pas toujours si ces
personnes parlent toutes seules parce qu'elles ont perdu leur vie sociale ou si, au contraire, elles ont perdu leur vie
sociale parce qu'elles ne respectent plus les règles de la communication et du comportement avec autrui.
Ce dont on est sûr, c'est que parler tout seul est un signe de désocialisation qui doit préoccuper.
8-Conclusion.
Le non-respect de la procédure du dialogue est un marqueur très fiable des troubles de la communication, voire de
troubles de la socialisation.
Le miracle de la Parole.
Un visage ravagé par la maladie où les séquelles d'un incendie. On est pétrifié en le voyant, on se demande ce qu'il
peut rester d'humain dans un tel visage. Tout à coup, cela s'éclaire au niveau des yeux, une parole naît. On écoute
et, tout doucement, sans s'en rendre compte, on finit par oublier l'apparence : la parole nous a pris et nous oblige
à regarder l'intérieur de l'autre.
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